Fermer

Faire un don

Rappel des status de l'association FORMINDEP

Article 8 - Ressources

Le conseil d’administration, en cas de doute, s’assure que l’origine des dons, avantages ou subventions proposés à l’association ne contreviennent pas aux objectifs de l’association précisés dans l’article 2 des présents statuts.

Les ressources de l’association comprennent :

Le Formindep étant une association reconnue d’intérêt général, faire un don génère l'envoi par courriel d'un reçu fiscal permettant une réduction d'impôt.


l'association Formindep

S'abonner à notre lettre d'information

Espace Adhérents

Actualités

Actualités

illustration d'actualités

Santé, le trésor menacé

Les éditions L’Atalante publient à la fin du mois de janvier, le dernier ouvrage d’Antoine Vial : Santé, le trésor menacé. Nous l’avons lu.

Actualités

illustration d'actualités

Les facs de médecine les plus indépendantes vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique

Paul Scheffer, Université Paris 8 – Vincennes Saint-Denis Lien vers le site dédié FACS.FORMINDEP.ORG C’est une première en France. Les facultés de (...)

La transparence est une course de fond- Loi "sunshine" : quatre ans et toujours pas appliquée

Illustration Le 21 janvier 2016, le Conseil Constitutionnel jugeait l’article 178 de la loi « modernisation de notre système de santé » conforme à la Constitution. La transparence des contrats des personnels de santé avec les industries de santé serait-elle enfin acquise ? Retour sur 4 années de tergiversations, 4 années d’obstruction des firmes, des élus, du gouvernement, et (...)

Dépistage organisé du cancer du sein

Un dépistage inadapté au génie évolutif de la maladie, condamné à l’inefficacité.- Démystifier le diagnostic précoce par la mammographie

Illustration Le cancer du sein est un modèle pour la cancérologie classique. Il siège dans un organe externe, facile d’accès, non vital, susceptible de chirurgie radicale. Le diagnostic peut être fait pour de petites tumeurs à peine palpables et quelquefois, grâce à l’imagerie, pour des lésions millimétriques infra cliniques. Ainsi, tous les ingrédients semblent réunis pour faire du (...)

Vous êtes ici

Accueil
Imprimer Flux RSS A+ A- Voir les commentaires
mardi 26 avril 2011 - par Bernard JUNOD

Indépendance et médecine fondée sur les preuves

Preuve du surdiagnostic dû au dépistage du cancer de la prostate

Réponse à un article du BMJ paru le 31 mars 2011

La publication dans le "British Medical Journal" d’une étude sur les conséquences à 20 ans du dépistage du cancer de la prostate ne présente pas clairement le résultat clé : il y eut un peu plus de morts par cancer de la prostate dans le groupe invité que dans le groupe non invité au dépistage et la preuve de diagnostics en excès dans le groupe dépisté donne des arguments en défaveur du dépistage. Les surdiagnostics - diagnostics en excès - entraînent des surtraitements inutiles et dangereux. Une médecine fondée sur les preuves repose sur le discernement et l’indépendance de toute influence trompeuse.

L’article de Gabriel Sandblom et al. intitulé "Essai contrôlé du dépistage du cancer de la prostate : 20 années de suivi" [1] suggère que le risque de mourir d’un cancer de prostate au bout de 20 ans est de 35% pour ceux qui ont été invités à participer à ’un dépistage organisé et de 45% pour ceux qui n’ont pas été invités à se faire dépister, le groupe témoin. Dans un essai contrôlé où les individus sont alloués aléatoirement au groupe invité ou non invité à se faire dépister, le décès dû au cancer de la prostate devrait être le critère d’évaluation le plus significatif. Mais l’article utilise une « mortalité spécifique par cancer prostatique », qui correspond en fait à la survenue de décès par cancer de la prostate uniquement parmi les cas de cancer diagnostiqués ou, en d’autres termes, un taux de létalité.

En tant que chercheurs en santé publique et médecins généralistes, notre interrogation est la suivante : est-ce que la probabilité de mourir à cause d’un cancer de la prostate s’avère significativement plus faible dans le groupe invité à se faire dépister ? Les données disponibles dans la publication suggèrent que non. Parmi les 1494 hommes invités au dépistage, 30 (2,0%) sont morts d’un cancer de la prostate. Parmi les 7532 hommes qui n’ont pas été invités au dépistage, 130 (1,7%) sont morts d’un cancer de la prostate. Ces proportions observées de décès par cancer de la prostate ne sont pas données dans l’article. La différence n’est clairement pas significative au seuil de 5%. En utilisant les données disponibles dans le rapport, nous avons cherché d’autres différences entre les invités au dépistage et le groupe témoin. L’article donne le risque de se faire diagnostiquer un « cancer de la prostate » : 5,7% dans le groupe invité à se faire dépister versus 3,9% dans le groupe témoin. La différence entre ces 2 risques est hautement significative (p=0,001). L’excès de risque de diagnostic de « cancer de la prostate » dans le groupe invité au dépistage est de 5,7% - 3,9% = 1,8%. Dans l’article, les cas dus à ce risque accru sont considérés comme des « tumeurs indolentes qui ne réduisent pas la survie spécifique du cancer prostatique ou la survie globale". Ces cas correspondent bien à la définition classique de surdiagnostic [2]. Le nombre attendu de surdiagnostics est de 27, soit le 1,8% des 1494 hommes invités à se faire dépister. La bonne nouvelle est pour le groupe témoin : 1,8% des 7532 hommes qui le composent, soit 137, échappèrent au surdiagnostic du fait qu’ils n’avaient pas été invités au dépistage.
Le surdiagnostic ne favorise pas la santé du patient : il est associé à un surtraitement. Il donne l’illusion d’un pronostic favorable : les cas surdiagnostiqués ne meurent pas de la maladie. L’analyse de survie qui est limitée aux cas diagnostiqués est source de confusion car elle est influencée par le surdiagnostic. Une comparaison entre les cas diagnostiqués devrait se faire après avoir enlevé environ 27 cas qui ne moururent pas de cancer de la prostate, surdiagnostiqués en excès dans le groupe invité au dépistage.

L’analyse de survie des figures 2 et 3 de l’article donne l’illusion d’un meilleur pronostic parmi les cas invités à se faire dépister par rapport au groupe témoin car elle ne compare pas des cas comparables. Chaque cas surdiagnostiqué contribue à l’illusion d’une augmentation de la survie. La figure 4 de l’article présente des taux cumulés de mortalité spécifique par cancer de la prostate, soit le risque de décès dû au cancer de la prostate chez les seuls cas diagnostiqués. Au lieu de cela, la publication aurait été plus instructive s’il elle avait montré la mortalité due au cancer de la prostate dans la totalité de chacun des groupes obtenus par allocation aléatoire. Une telle comparaison du risque cumulé de mourir d’un cancer de la prostate entre groupe invité au dépistage et groupe témoin donnerait un résultat indépendant du surdiagnostic. Elle serait au service d’une médecine fondée sur les preuves qui requiert le discernement et l’indépendance de toute influence trompeuse [3].

Version anglaise

Conflit d’intérêts dans le traitement du cancer de la prostate : aucun

Post Scriptum :

Auteurs : Bernard Junod chercheur, Robert M. Kaplan Professeur, Philippe Foucras, D. Dupagne, P. Nicot

Source :
http://www.bmj.com/content/342/bmj.d1539.full/reply#bmj_el_255835

Traduction : Thierry Gourgues et Bernard Junod

[1Sandblom G, Varenhorst E, Rosell J, Löfman O, Carlsson P. Randomised prostate cancer screening trial : 20 year follow-up. BMJ 2011:342:d1539

Commentaires répondre à cet article

AVERTISSEMENT : les commentaires postés en réponse aux articles n'engagent pas le Formindep et sont publiés sous la seule responsabilité de leurs auteurs.

Le forum bénéficie d'une modération a priori. Les commentaires anonymes ou identifiés par un pseudo, ou ne respectant pas les règles légales ou de bienséance ne seront pas publiés.